Du Québec à la Colombie en passant par l'Asie du Sud-Est
ou l'Australie, ce Canadien globe-trotter apprivoise l'eau et les plantes.

Par Jean-Emmanuel Richomme

Petit prince du jardin, Louis Girouard jette ses sortilèges aux quatre coins du monde qu'il parcourt comme un amoureux de lumière, de beautés et de contacts. À trente-quatre ans il a déjà semé ses idées fortes dans quelques vingt pays, restant la belle saison dans son pays de l'été indien mais préférant à la rigueur de l'hiver jardiner sous la douceur des tropiques. Chez les Girouard, c'est presque une tradition et surtout une passion que de s'occuper des fleurs et de plantes. Louis, fils d'un horticulteur de Saint-Jean-sur-Richelieu, commence dès l'âge de douze ans à épauler son père dans les serres familiales, et ce jardinier en herbe se destine alors à apprendre sur le tas.

Après avoir été cuisinier français autour de la planète pour étancher sa soif de voyage, il retourne peu après à ses premiers amours, la vrai nature et les couchers de soleil. Car ce qu'il préfère avant tout c'est pétrir la terre, toucher les pierres, sentir les odeurs et rencontrer les gens du pays visité. Au début, Louis travaille avec son frère Claude, célèbre paysagiste lui aussi du Québec, puis repart sur les pistes du monde, avec en baluchon des envies de compositions sauvages plus que des croquis sur papier Ingres. Il croise un jour Roberto Burle Max au Brésil, responsable de l'aménagement Brasilia en autre, et leurs entrevues seront décisives dans sa façon d'interpréter un jardin. Mais comme tout élève curieux, il regarde ailleurs que son maître en optant pour l'intégration des plantes sauvages dans un espace apprivoisé. Ainsi en Équateur, il n'hésite pas à ramener de la forêt équatoriale pierres et plantes à dos d'âne pour animer l'espace d'un hôtel.

Dompteur-charmeur, Louis Girouard écoute patiemment les désirs de ses clients, prend en compte le milieu naturel et fait jaillir d'étonnantes compositions où la géométrie n'existe pratiquement pas. Même si parfois il réalise de grands jardins aux couleurs éclatantes, son adoration va aux jardins d'eau, ceux qui font fleurir les nymphéas avec souvent la touche exotique d'un petit pont japonais, de mini-cascades et même de bonsaïs quand un collectionneur en est fou. Mais surtout ce sont des jardins du silence où l'être humain peut s'arrêter, contempler et méditer, réminiscence de ses séjours passés à Dharamsala près des fervents du Dalaï Lama.

Sous les tropiques il marie avec adresse l'exubérance des plantes vernaculaires et l'eau dormante, n'omettant jamais d'y inclure quelques fantaisies comme des poissons rouges, souvenir d'école buissonnière. Toujours émerveillé par l'évolution de ses compositions naturelles, Louis n'hésite pas à aller frapper chez ses anciens clients pour surprendre comment a poussé ce qu'il avait imaginé.

Et toujours un pied dans l'avion, il vient de terminer le jardin d'un ancien presbytère au Guatemala pour retrouver quelques temps le Québec avant de repartir au Maroc puis au Brésil.

 


Contact: info@louisgirouard.com