Qu'ils soient grandioses ou modestes, les jardins aquatiques nous font rêver. Si bien que nous sommes de plus en plus nombreux à entreprendre l'aménagement d'un bassin dans notre arrière-cour. Avec raison, car on peut aisément mener un tel projet à terme en quelques jours, comme le prouve la réalisation de ce petit bassin de forme traditionnelle. (ci-dessous...)


Les matériaux.

Les matériaux nécessaires à la rénovation de ce petit bassin coûtent environ $700 CDN (taxes comprises).


Bassins & murets

  • ½ v3de poussière de pierre
  • ¾ tonne de pierres plates
  • Toile de PVC de 10 pi X 10 pi
  • Deux membranes géotextiles de 10 pi x 10 pi
  • Pompe de 2 050 L/h
  • Récipients et pierres volcaniques
  • Mousse de sphaigne non décomposée

 

Les Extras

Il est possible d'ajouter certains éléments au bassin.

  • Une soupape de remplissage automatique reliée au robinet extérieur de la maison qui maintient le niveau d'eau.
  • Une petite lampe halogène submersible éclairant la cascade en soirée.
  • Le bassin étant suffisamment profond, on peut y élever quelques poissons.

 

La Construction

Emplacement du bassin

La première étape consiste à délimiter une section du terrain qui présente tous les atouts pour mettre le bassin en valeur. Parmi les critères recherchés : un espace dégagé et bien visible depuis la maison ou la terrasse. À l'endroit choisi, on creuse un trou de 4 pi de diamètre sur 2 pi de profondeur. Une partie de la terre excavée servira à l'élévation du talus derrière le muret.

Base du muret immergée

Afin que l'aménagement ait l'air naturel (il faut notamment camoufler le plus possible la toile), le muret en demi-lune qui supporte la cascade doit baigner dans l'eau. C'est pourquoi il repose sur une tablette surbaissée de quelques pouces. Le jeu de hauteur se mesure à l'aide d'une planche et d'un niveau : la première pierre du muret doit être au même niveau que le côté opposé du bassin.

Installation de la toile

Une toile de PVC est essentielle à l'étanchéité du bassin. Pour prévenir les déchirures, on insère une toile entre deux épaisseurs de membranes de géotextile feutré. Une fois dépliée à l'intérieur de l'excavation, la toile doit se mouler parfaitement au fond du bassin, au bord, et surtout aux niches (de la pompe et de la plante submergées). On doit couper les coins de la toile. Les retailles serviront à étancher l'arrière du muret de sorte que la terre du talus ne puisse s'infiltrer dans le bassin par ruissellement. Le pourtour doit également être scellé afin que l'eau ne puisse pas s'échapper par une fissure ou être absorbée dans le sol par capillarité.

Disposition des pierres du pourtour

Une fois la toile en PVC en place, on dispose les pierres du pourtour de façon qu'elles s'emboîtent bien les unes aux autres, sans laisser d'interstice permettant de voir la toile. De plus, les pierres devraient déborder légèrement au dessus de l'eau. De cette façon, non seulement on masque la toile, mais on la protège également contre les rayons ultraviolets.

Creusage du pourtour

Le pourtour en pierre du bassin doit être à la hauteur du sol, il suffit d'enlever environ 2 po de terre (l'épaisseur d'une pierre plate) puis de bien placer la toile avant de déposer les pierres. On comble ensuite les interstices avec des mottes de gazon enlevées lors de l'excavation.

Découpage de la membrane géotextile

Pour que l'eau du bassin ne soit pas drainée à l'extérieur par capillarité, il faut couper la membrane géotextile du dessus au moins 1 po plus court que la toile de PVC.

Construction du muret

Le pourtour terminé, les petites pierres du muret sont «cimentées» entre elles avec un mélange fait de deux tiers de mousse de sphaigne non décomposée et d'un tiers de poussière de pierre, qu'on délaie dans une bonne quantité d'eau. Ce mortier «organique» permet la croissance de petites plantes, comme le cresson. L'espace entre le muret et le talus est remblayé de poussière de pierre, recouverte de toile. L'opération vise à éviter que la terre du talus soit drainée vers le bassin où elle brouillerait l'eau.

Installation de la pompe

Un récipient (un pot à fleur en plastique) contenant la pompe est déposé dans une petite niche aménagée au fond de l'excavation. Après y avoir mis la pompe, le récipient est rempli de pierres volcaniques. Celles-ci favorisent le développement de micro-organismes qui gardent l'eau claire en absorbant les minéraux. Indispensable à l'oxygénation et à la propreté de l'eau, une plante submergée (myriophylle ou élodée) est placée à côté de la pompe. Pour les rendre invisibles, les deux contenants sont ensuite camouflés sous des roches de couleur foncée.

TRUC DE PRO...

Des pierres plates enveloppées de géotextile peuvent également remplacer les roches foncées destinées à cacher les contenants de la pompe et de la plante submergée.

TRUC DE PRO (suite)

Le tuyau raccordé à la pompe ainsi que le fil d'alimentation électrique sont glissés entre la membrane géotextile du dessus et la toile de PVC.

Truc de pro (suite)

On doit faire passer le tuyau sous une pierre du pourtour, l'introduire dans le talus pour ensuite le faire ressortir sur le dessus de la dalle qui sert de tremplin à la cascade. Cette dalle, qu'on aura pris soin de choisir au début des travaux, est idéalement plate et large; elle doit surplomber le dessus du muret pour que l'eau tombe directement dans le bassin.

Installation de la plante à feuilles émergées

On complète l'aménagement paysager à mesure que le bassin se remplit d'eau en commençant par la plante à feuilles submergées (par exemple un papyrus) que l'on pose sur la tablette aménagée à cette fin. Cette plante sert surtout à établir une transition entre le jardin aquatique et la cour. Pour retenir la terre contenue dans le pot (tout comme dans celui de la plante submergée) et éviter qu'elle ne se disperse dans l'eau, on couvre le dessus des pots de petites pierres.

Finition

Une fois le tuyau de la pompe caché et les dernières pierres du muret apposées, on plante des tiges de cresson dans le mélange de mousse de sphaigne non décomposée et de poussière de pierre, ce qui suffit à sa croissance.


«Nous rêvons tous d'un lieu magique à notre portée où nous évader et nous ressourcer. Source de vie, le jardin d'eau procure une zone de fraîcheur propice à la détente».
Réalisation : Louis Girouard, horticulteur-paysagiste
Rédaction : Claude Lamontagne
Photos : Pierre Halmaï

 

Contact: info@louisgirouard.com