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Il est
dans la fleur de ses trente ans et d'une simplicité qui ressemble
fort à de la timidité. Pourtant Louis Girouard s'épanouit
sous les projecteurs des médias comme une plante sous la
lumière: on l'a découvert avec Les Yeux du Cur
chez Hélène Laurendeau, il a fait Les Petits Bonheurs
de Clémence, cultivé Jardin d'Aujourd'hui, et il signe
ses chroniques dans diverses publications spécialisées.
C'est
que ce jeune paysagiste a le besoin irrépressible de bouturer
sa passion. Lorsqu'il n'a pas les deux mains dans la terre, il compose
ses aménagements paysagers avec des mots. Et quand la belle
saison tire à sa fin au Québec, il plie bagages et
va cultiver son jardin de par le monde. En une douzaine d'années,
il a ainsi fait fleurir un poème dans la terre d'une vingtaine
de pays, à la manière des plantes d'eau qu'il affectionne,
Louis Girouard à des racines mouvantes...
Mouvantes,
mais qui plongent loin en profondeur: ce fils d'horticulteur de
Saint-Jean sur Richelieu a commencé à travailler dans
les serres à l'âge de 12 ans. «J'ai bien essayé
de faire autre chose», dit-il en souriant, «mais j'ai poussé
là-dedans, il fallait que je reste dans la branche!»
Jardinier
avant de devenir paysagiste, Louis Girouard se prouve sur le terrain.
Il ne dessine pas ses dessins sur papier, il les laisse plutôt
jaillir des éléments en place: les plantes existantes,
les caractéristiques du terrain, les goûts et le mode
de vie du client. Sa signature: «intégrer des plantes sauvages
dans un espace apprivoisé», comme il l'a appris de son mentor
Roberto Burle Max, «le plus grand paysagiste au monde», qu'il a
fréquenté au Brésil.
À
la différence de son tuteur pourtant, Louis fuit la ligne
droite et l'esprit de géométrie. «C'est la tendance
chez la nouvelle génération de paysagiste: on ne cherche
plus à dominer la nature mais à la reproduire, à
s'en rapprocher.» Il aime que ses jardins soient généreux,
un peu sauvage, avec une touche d'exotisme et beaucoup d'ambiance.
Pour les petits jardins, il privilégie les contrastes de
verdures; pour les grands, des massifs de couleurs éclatantes.
Et sa spécialité entre toutes, c'est le jardin d'eau.
Louis Girouard est parmi les premiers au Québec à
proposer des bassins ornementaux baignables. «Les bassins sont filtrés
naturellement par les plantes, comme à la plage Doré
de Montréal, et l'eau est si limpide que l'on n'a nullement
besoin de chlore.»
Pour
pouvoir voyager, le paysagiste globe-trotter a dû se défaire
de sa maison à la campagne, et n'a gardé qu'un pied
à terre en ville. Alors, les dimanches d'été,
il va tranquillement visiter les jardins de ses clients. «Parce
que les jardins, c'est comme les enfants: on aime les voir grandir.
Et c'est en les regardant grandir qu'on continue d'apprendre.» Nul
doute, Louis Girouard est bien déterminé à
rester toute sa vie un paysagiste en herbe!
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You see, this young
landscape designer has an irrepressible need to let his passion
flourish. When he's not rooting around in soil, he's composing
his landscape designs in words. And when the cool weather overtakes
Québec, he packs his bags and treks off to grow gardens
in one of the four corners of the globe. Over the past dozen years,
he has created living poems in the soil of some twenty lands.
Much like the aquatic plants of which he is so fond, Louis Girouard
has moveable roots. They're moveable, but deep. This son of a
horticulturist from Saint-Jean-sur-Richelieu started working in
the family greenhouses at the age of 12. "I really tried
to move in other directions," he says with a smile, "but
that's the field where I thrived, and I had to stay attached to
the vine!"
Initially a gardener
before becoming a landscape designer, Louis Girouard puts his
talents to work directly on site. He does not plan out his gardens
on paper but instead lets his ideas take root around existing
elements: plants that are already there, the characteristics of
the site and the client's tastes and lifestyle. His hallmark is
"integrating wild plants into a tamed space"--an art
he learned from his mentor Roberto Burle Marx, "the world's
greatest landscape designer;" whom he got to know in Brazil.
He differs from his teacher, however, in that he shuns straight
lines and a geometric approach. "That's the trend among the
new generation of landscape designers. We no longer try to dominate
nature but instead endeavour to emulate it and draw closer to
it." He likes his gardens to be lush, a bit on the wild
side, with a touch of exoticism and lots of ambience. For small
gardens, he favours contrasts in greenery and in larger ones,
masses of bold colours. His pre-eminent specialty is aquatic gardens.
And Louis Girouard is one of the very first Quebecers to design
swimmable ornamental pools. "The pools are filtered naturally
by the plants, like at Plage Doré in MontréaI. The
water is so limpid that there's absolutely no need for chlorine."
Being
a Globe-trotter has its downside, however. Girouard had to sacrifice
his country home in order to be able to travel, keeping just a "pied
à terre" in the city--which leads him to visit, one
by one, his clients' gardens on Sunday afternoons in summer. "Gardens
are like people--you love to watch them grow. And it's by seeing
them grow that you keep learning." As a landscape designer,
Louis Girouard is himself quite determined to keep cultivating his
skills!
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